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jeudi 10 septembre 2009

Mathurin Meheut (1882-1958)

Mathurin Méheut est peut-être considéré par certain comme le plus breton des peintres, mais il est certain qu'il n'est pas qu'un peintre breton. Né à Lamballe (Côte d'Armor) où un musée lui est consacré, il avait commencé comme l'illustrateur d'un imposant étude de la mer en 2 tomes publié en 1913.


Il part ensuite pour un long voyage vers le pacifique et le Japon avant de revenir précipitamment pour la mobilisation de 1914. Il rapportera de son séjours sous les drapeaux de nombreux croquis témoignant aussi bien de la vie quotidienne au front que de l'horreur du conflit.


Dans les années 20, on le retrouve enseignant pendant quelques années à l'École Boule. Par la suite, il connut un certain succès dans les arts décoratifs et notamment dans la décoration intérieure des paquebots.


Créateur de céramiques pour Henriot de Quimper ou illustrateur de livres régionalistes comme de romans (de Pierre Loti ou de Colette), son œuvre principale restera ses innombrables croquis, gravures et peintures sur la Bretagne.


Témoin, au sortir de la guerre, des transformations de la société, de l'exode rural comme de l'industrialisation, il entreprit de croquer frénétiquement les coutumes bretonnes en même temps que se forgeait le régionalisme breton.


On retrouve dans ses croquis son admiration pour les estampes japonaises. Leur caractère intemporel ne provient-il pas justement de ce mélange de tradition et de modernité ?

jeudi 4 décembre 2008

Alfons Walde (1881-1858)


Alfons Walde, peintre et graphiste autrichien (1881-1958) a un peu côtoyé, autour de 1910, le milieu artistique viennois dominé par des monuments comme Gustav Klimt ou Egon Schiele.
Après la Grande Guerre, où il servit comme chasseur alpin de l'armée impériale, il se retirera à Kitzbühel, dans son Tirol natal.
Là, davantage influencé par les tableaux onirique du peintre suisse Ferdinand Hodler, Il y a développé une peinture originale au graphisme puissant qui n'est pas sans rappeler celle de son aîné Albin Egger-Linz (1868-1926).


Paysans robustes ou skieurs sveltes peuplent une montagne omniprésente. La neige, épaisse, recouvre abondamment son œuvre.


Outre sa peinture très empâtée, cet architecte de formation a réalisé, dans les années 20, de nombreuses affiches faisant la promotion des sports d'hiver naissants.


Ce peintre très connu en Autriche pour avoir introduit les loisirs alpins dans la peinture, l'est déjà moins pour ses scènes villageoises ordinaires et ses croquis. En témoignent aussi ces deux "modestes" dessins aux crayons de couleurs.

Thèmes traditionnels, talent évident de dessinateur et graphisme affirmé donnent aux images d'Alfons Walde un incontestable air de famille avec la démarche de Mathurin Méheut en Bretagne. Tous deux ont pris conscience que le xxème S. serait marqué par une grande mutation de la société rurale et sont partis collecter les scènes de la vie traditionnelle rurale avant qu'elles ne disparaissent et ont laissé un corpus aussi intéressant pour leur forme artistique que pour leur fond historiographique.

mercredi 1 octobre 2008

La gravure sur bois en Autriche

L'Autriche
Mon désir de faire de la gravure en relief (lino ou bois) est donc né de la découverte de la gravure sur bois du XXème siècle, tant en Europe qu'au Japon (shin hanga).
En 1900 les mouvements artistiques de l'Art Nouveau, du Jugendstil ou de la Secession ont permis le développement extraordinaire des arts décoratifs. Sous l'impulsion Viennoise, de nombreuses écoles ont fleuri dans tous les territoires d'Europe centrale, de Budapest à Bruxelles et de Riga à Lausanne. Je suis diplômé de l'une d'entre elles : Les Arts Décos de Strasbourg (Kunstgewerbeschule).
L'objet industriel est devenu oeuvre d'art. La gravure en relief (ou taille d'épargne) y a eu une place de choix. Très prisée par les artistes eux-mêmes pour réaliser à moindre frais des tirages limités (Klimt, Moser, Vallotton…), cette technique de reproduction fut largement employé pour imprimer des affiches de spectacles ou des tracts politiques, des publicités, des illustrations, des motifs textiles et bien d'autres images.
Souvent réduite au noir et blanc chez les expressionnistes (Kirchner, Kokoschka, Schmidt-Rottluff, Nolde, Masereel…), elle s'est rapidement ouverte à la couleur sous l'influence de l'estampe japonaise.
En pleine période arts déco, la gravure sur bois a connu un fort développement en Europe centrale. C'est l'activité artistique idéale pour les longues soirées d'hiver. De plus, étant donné qu'on retire de la plaque les parties que l'on ne souhaite pas imprimer, qu'on grave "en réserve", les sujets clairs comme la neige sont particulièrement appropriés à la taille d'épargne.
La gravure sur bois de fil des siècles passés (on pense à celles de Dürer), mono-colore, qui ne connaissait pas les nuances et les dégradés, adopta la technique japonaise d'estampe "Ukiyo-e"et devint un sérieux concurrent à la lithographie. Les gravures sur bois (Farbholzschnitte) présentées ci-dessous donne à admirer la qualité technique obtenue par les artistes autrichiens de l'entre deux guerres ainsi que la variété de leur style.
Pour en voir davantage rendez vous sur ce site.

Engelbert Lap (1886-1970)


Hans Frank (1884-1948)


Max Sparer (1886-1968)


Herbert Gurschner (1901-1975)